Pour la petite histoire...

Sous l'impulsion de son premier président, Jacques Vaisson, Car-Histo-Bus a d'abord cherché à se positionner sur un plan local (région Midi-Pyrénées), avant d'étendre son action à l'échelle nationale. Son rayonnement a été immédiat : c'est l'époque à laquelle les adhérents n'hésitent pas à retrousser leurs manches et mettre les mains dans le cambouis !

Car... très vite, des entreprises de transport et des particuliers, enthousiasmés par les projets de l'association, se mettent en rapport avec elle pour lui offrir d'anciens véhicules à titre gracieux (autocars, autobus, minicars et trolleybus).

Débute alors une première phase, d'obédience mécanique : l'entretien, la réparation, le passage aux Mines des véhicules collectés nécessitent une main-d'oeuvre toujours prête à se mobiliser pour la bonne cause. Des voyages entre adhérents à bord de ces vénérables autobus commencent par ailleurs à voir le jour. L'association est "sur de bons rails".

Au total, Car-Histo-Bus, au faîte de sa gloire, aura sauvé dix-neuf véhicules d'une destruction assurée, à plus ou moins longue échéance :

7 autobus 8 autocars 2 minicars
  • Berliet PCMU
  • Berliet PGR
  • Berliet PH/12/180 articulé
  • Berliet PR 100
  • Saviem SC 10 U
  • Saviem SC 50
  • Somua OP 5.3
  • Berliet PHN 10 (x 2)
  • Berliet PLR 10
  • Chausson ANG
  • Chausson APH 2.522
  • Renault R 2191
  • Renault R 4192
  • Saviem SC 1
  • Mercedes L 319
  • Peugeot D 4 B
2 trolleybus
  • Vetra CB 60
  • Vetra VBRH

Bientôt pourtant, les collectivités locales demandent à nos instances de bien vouloir libérer le local gracieusement mis à notre disposition par la mairie d'Albi pour héberger notre collection.

Après bien des pourparlers et d'incessantes recherches d'un site adapté à nos besoins, l'association se voit finalement dans l'obligation d'expatrier ses véhicules vers la région de Mulhouse. L'Écomusée d'Alsace, qui siège à Ungersheim (68), nourrit en effet l'ambition d'ouvrir un pôle muséographique dédié aux transports, en une contrée qui abrite déjà le Musée national de l'Automobile (collection Schlumpf) et la Cité du rail. Nous sommes en 1990 ; un contrat de cession de ces véhicules est signé avec l'Écomusée qui alors devient le nouveau propriétaire officiel de cette collection. Les dix-neuf véhicules sont de ce fait embarqués un à un sur un train à destination du Haut-Rhin, avec pour perspective première la remise en état de l'ensemble du matériel, avant (et c'était notre voeu le plus cher) d'être présentés un jour au grand public.

Hélas, le projet de constitution d'un pôle des transports ne verra jamais le jour, faute d'une politique volontariste et de véritables moyens financiers. La situation s'enlise alors pour de longues années. Les véhicules sont conservés d'abord à l'air libre, puis à l'intérieur, dans le carreau Rodolphe, confrontés à une ambiance saline qui, curieusement, ne les atteint que peu. Avec l'élection d'un nouveau président, Car-Histo-Bus tente d'alerter l'Ecomusée de la nécessité de sauver ce matériel d'une façon ou d'une autre. Mais les interventions successives se heurtent à l'inertie des pouvoirs publics, chacun se rejetant la faute. La DMF elle-même, qui avait apposé son label sur la collection des années auparavant, se déclarera ainsi elle-même incompétente à changer quoi que ce soit. Il est alors bien des mauvais augures qui pensaient alors que le ferraillage était la seule issue qui puisse découler de ce dossier...

L'année 2008 sonnera le réveil des consciences. Au cours de l'Assemblée Générale de Mulhouse, une visite de l'Ecomusée d'Alsace et de l'ancienne collection Car-Histo-Bus est au programme. Si les spécialistes présents sur place jugent l'état de certains véhicules « préoccupant », d'autres en revanche sont restés entièrement sains. Aussi, ces experts n'estiment-ils pas que la situation soit désespérée, mais il y a urgence à prendre une décision. Perdre du temps reviendrait à passer à côté du rendez-vous de la chance.

Ce sera alors d'abord au Mercedes L 319 de quitter l'Ecomusée, grâce à un collectionneur local. Puis, très vite, une dynamique se met en marche grâce aux bonnes volontés de ce que le monde des transports collectifs compte en notre pays. Plus sensibilisées que d'autres à l'avenir de ces véhicules, quelques associations amies décident de se pencher sur le sort de cette collection. En ce domaine, la détermination et l'opiniâtreté sont des armes qui s'avèrent souvent décisives. A force de persuasion et à renfort d'une politique volontariste, deux associations principalement (Standard 216 à Pont-de-Claix (Isère) et Autocars Anciens de France -AAF- à Betschdorf (Bas-Rhin)) vont faire en sorte d'infléchir le cours du destin. Et le miracle se produisit à partir de 2010. Ainsi, le Saviem SC 1, le Berliet PLR 10 ainsi que le Chausson APH 2.522 (en vérité un SC 3) sont partis rejoindre la collection d'AAF, tandis que le Chausson ANG, le Berliet PHN 10 et le trolleybus Vétra VBR-h ont été transférés dans le Dauphiné pour enrichir la collection de l'Histo Bus Grenoblois.

Aujourd'hui, tous les véhicules (ou presque) ont été sauvés. L'ancienne collection Car-Histo-Bus aura donc été épargnée d'une destruction assurée grâce à l'intervention de passionnés de transports, tous issus des rangs de Car-Histo-Bus. Grâce soit rendue à chacun d'entre eux et à chacune des structures qui ont œuvré en faveur de ce sauvetage !

C'est dans cette même lignée patrimoniale, mais vouée à un sort plus heureux, que Car-Histo-Bus s'est inscrite lorsqu'il s'est agi pour elle de devenir l'éditeur d'un ouvrage de référence, rédigé par Éric Tourniquet et Jean-Paul Berthet, intitulé Un siècle de cars et bus en Lyonnais (2001), qu'elle promeut avec vigueur auprès des professionnels des transports.